Méditation de pleine lune dans le Bouddhisme Zen
- Par Denis Martin
- Le 12/03/2025
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La pleine lune est de par le monde, dans toutes les civilisations, une phase d'introspection, un moment de réflexion, de pondération, un moment pour considérer ses ardeurs et passions. En bouddhisme, c’est Uposatha, un moment de pratique intense.
Uposatha
Uposatha est lié au calendrier lunaire, c’est une période durant laquelle les bouddhistes réaffirment leur confiance dans les trois joyaux : le Bouddha (l’éveil), le Dhamma (l’enseignement), le Sangha (la communauté de tous les êtres). On ne médite jamais seul. Cela signifie que certes on est peut-être physiquement seul, mais en méditant (surtout au moment de la pleine lune), on peut être certain de l'invisible soutien de millions d'autres pratiquants partout dans le monde, car la pleine lune pour les bouddhistes (mais pas uniquement), est un moment pour méditer encore d’avantage (chaque moment est le « bon »).
Un doigt montre la lune toujours changeante et la phase dans laquelle elle se trouve (là où nous en sommes, dans l’impermanence). On regarde la lune (pas le doigt) et on peut voir plus encore : l'ordre cosmique, l’espace-temps-conscience, l'impermanence cyclique que la contemplation de lune nous fait sentir en nous-même. Cette contemplation (« Tsukimi »), peut conduire à un sentiment d'interdépendance et d'unité avec toutes choses, l'infiniment grand et lointain, comme le proche et intérieur (au-delà de ces dualités).
Uposatha c’est aussi une cérémonie au cours de laquelle on se donne l’occasion de reconnaître nos erreurs et fautes. Avant la méditation sans objet Zazen, il y a un moment où chacun considère les pensées, paroles et actes qui auraient pu semer des graines de souffrance, pour soi ou les autres au cours de la lunaison passée. On les considère avec compassion, sans regret ni contrition, sans jugement, ce n'est pas une confession de ses faiblesses. En comprenant l'interconnexion de toutes choses, nous prenons la responsabilité totale de tout ce qui porte en germe les souffrances futures. C’est une reconnaissance du voyage de chacun dans le Samsara. Ces actes sont vus, reconnus, acceptés. Cela va permettre en quelque sorte d’éclaircir les choses.
Puis il est fait (pour rappel), une lecture des préceptes. Uposatha est aussi un renouvellement de notre engagement sur la Voie du Zen.
Et le Zazen de cette cérémonie reste Zazen, sans objet, sans sujet, rien sur quoi se concentrer, rien à faire, rien à ne pas faire.
Puisse la clarté lunaire éclairer nos nuits.
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