Qu’est-ce qu’un « Haïku » ?

Le haïku 俳句, est une forme poétique d'origine japonaise.
C'est un petit poème, extrêmement bref, visant à célébrer
l'impermanence et l'interdépendance des phénomènes. C’est l’art de dire
des choses simples, par des mots simples, dans un style simple.

En une ou deux images, le haïku évoque un instant fugace, au cœur d’un moment, de l’année (une saison), ou d’un moment de la journée. Il suggère la simplicité d’une expérience sensitive, qui analysée et cérébralisée serait complexe et philosophique. Les critères stylistiques de forme (appréciés par les puristes), comprennent la césure et la métrique. Le haïku traditionnel compte trois lignes, de 5, 7 et 5 syllabes (17 en tout). Les deux images sont séparées par un mot-pivot (la césure), pour que le haïku puisse être dit d'un seul souffle, mais pas en un flux continu. Cela peut être soit un signe de ponctuation, soit un mot pivot, soit une coupure non matérialisée, mais évidente, qu’un lecteur marquerait à haute voix. Cette forme provient de la structure de la langue japonaise, dans laquelle il n’y a pas d'articles et dont les phrases doivent être écoutées jusqu’au bout pour en comprendre le propos, le verbe ne venant qu’en fin de phrase. Il est intéressant que le Haïku montre un phénomène inattendu, insolite, étonnant, qui surprenne ou amuse le lecteur. Minimaliste et acéré, le haïku perfore les illusions à la surface de la réalité, pour percevoir la place relative de l'individu dans le cosmos et apprendre ainsi à passer d’une rive à l’autre. L’art du poème bref, est une voie qui se situent aux origines de la spiritualité Zen. Amusons-nous à faire des Haïkus en suivant le cadre stylistique, vous allez voir, étrangement, c'est le cadre qui donne la liberté de l'intuition imaginaire... Comme avec la méditation Zazen, c'est le cadre qui produit la liberté.

J'ai beau les secouer
Mes manches restent
Couvertes de neige.

Sôseki

Je marche sur le gazon
Comme si je foulais
Les nuages.

Bôsha

Lune du soir
Il s'est mis torse nu
L'escargot.

Issa

Souvent, l’énoncé poétique d’un enseignement peut en transcrire bien mieux le sens profond. Déjà dans la tradition des sutras indiens (les plus anciens), il était coutumier de reformuler l’enseignement sous forme poétique. A l’époque chinoise du Zen (Chan), l‘exercice est devenu encore plus courant, du fait de la grande polysémie des idéogrammes.

Et de nos jours, il nous appartient de la poursuivre...

Haïku

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